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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 00:59

L’annonce d’un blocage des augmentations de loyers dans certaines villes et d’un plan pour l’hébergement des « SDF » montre que les décisions nationales restent enfermées dans un cadre technocratique et ignorent la diversité des situations locales. Le futur décret sur les loyers ne prend en compte que de grandes agglomérations et néglige par exemple la situation dramatique des communes touristiques et côtières du Sud Ouest, sauf La Rochelle. Ceci est d’autant plus surprenant que, pour une fois, il a utilisé une autre source (le fichier d’allocations des CAF) que le fichier Clameur, dont la fiabilité est faible en raison de sa source : quelques réseaux d’agences et d’organismes gérant un parc privé à vocation sociale. Pour le Sud Ouest, de nombreuses villes à niveaux élevés de loyers et où la pénurie de locatifs est flagrante ne sont pas citées.

En ce qui concerne les communes touristiques, les mesures de blocage de loyers ne suffiront pas : il faut limiter la progression des logements de loisirs ou secondaires, relancer l’effort de création de logements sociaux, mettre en place une politique d’hébergement et d’accompagnement, proposer des terrains d’accueil. La situation spécifique de ces communes tient à l’absorption continue de l’effort de construction par l’achat des logements pour des résidences d’été, sans limites. De nombreuses communes ont plus de moitié de leur parc en résidences secondaires, alors que la limite au-delà de laquelle les actifs permanents ne peuvent plus se loger, est autour de 40%. Plusieurs pays européens ont mis en place un contrôle des logements, qui ne permet pas l’achat de résidences secondaires, voire la résidence des non actifs (par exemple les retraités) dans des villes qui manquent de logements.

Il ne faudrait pas que cette méthode technocratique se reproduise pour le plan d’hébergement des personnes sans logement. La concertation préalable se ferait, selon la presse,  dans le seul cadre des réseaux de grandes associations, dont le fond de commerce est la gestion des centres d’hébergement, avec un coût très élevé et souvent des réponses inadaptées aux besoins (cadre contraignant et localisation mal répartie). Le résultat est une pénurie permanente de places et des refus de la part des sans logement.

Les personnes sans logement sont très diverses en zone touristique: certaines souhaitent pouvoir camper ou trouver un mobile home dans un cadre sécurisé et permettant l’accès à la propreté et l’autonomie. D’autres ont simplement besoin d’une garantie pour accéder à un logement, avec un loyer raisonnable. D’autres enfin ont besoin d’un accompagnement réel et continu en plus des solutions indiquées. La réponse qui consisterait à se limiter au réseau des 115 départementaux et à renforcer les centres d’hébergement existants serait donc inadaptée. Va-t-on trouver à Bordeaux une réponse aux demandes de ceux qui ont trouvé sur le bassin d’Arcachon le calme et parfois la sécurité, voire des emplois saisonniers à leur portée ? Va-t-on enfin répartir mieux les capacités, les ouvrir toute l’année et proposer un accompagnement digne de ce nom au lieu continuer à multiplier les lieux d’accueil (bus solidaire, services sociaux, Passerel…), sans réponse concrète derrière ?

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